Se protéger et se soigner


Deux aspects dans la vie des cyclotouristes.

- Se protéger des dangers :

Un couple de femmes en pleine nature n'est finalement pas plus vulnérable qu'un couple "ordinaire". Mais la vie en vélo rend tout de même vulnérable sous certains angles.

La circulation, la nuit, la fatigue, les autres, l'isolement sont autant d'éléments qui sont sources de danger. Sans être parano, la vigilance est un facteur à ne pas négliger. 


- La circulation est un problème récurent qui angoisse à l'approche des grandes villes. Nos seules armes sont un écarteur fait maison très visible et plus grand que la moyenne et des rétroviseurs sur chaque vélo. Avec l'habitude, on apprend à rouler plus sereinement, à se méfier dans certaines configurations, à anticiper la non-anticipation des autres. Se faire ramasser par un taré de la pédale reste à mon endroit, une peur insistante.
- La nuit, bien que nous soyons deux, le camping sauvage (voire le camping tout court) peut être à l'origine d'une mauvaise nuit. Des voitures qui passent lentement, des éclats de voix dans le lointain, des animaux errants... il se peut que certains soirs, on regrette un emplacement qu'on avait pourtant décrété comme "sécure". 
- La fatigue altère le jugement. On apprécie plus difficilement les dangers qui d'ordinaire auraient su nous alerter. Se reposer est l'essence même d'un cerveau qui a toutes ses facultés, d'un corps qui a toute sa réactivité.
- Les autres... que ce soit le jour ou la nuit ; en ville ou en campagne isolée, vous trouverez sur votre route des gens "pas clairs" comme on dit. Ca rôde, ça regarde, ça parle tout seul, ça vous suit puis ça disparaît,.. bref, ça n'a pas le comportement classique du quidam qui vous regarde admiratif, curieusement ou qui s'en cogne. Pour notre intégrité ou nos affaires, les moindres doutes nous éloigne toujours des gens qui n'inspirent pas confiance, quitte à faire trois kilomètres de plus pour demander son chemin. Le vol est aussi une crainte car sans vouloir faire exposition de nos matériels, voyager à deux et chargé reste peu discret. Il n'est pas rare que l'une se fasse aborder quand l'autre va aux courses. Encerclée par deux ou trois manouches sortis de nul part, c'est moi en général qui affronte les individus. Ils ne disent jamais rien mais tournent et rôdent avec insistance. Comme j'ai deux montures à surveiller et un chien à protéger, j'avoue que je suis sur mes gardes. On m'a déjà rétorqué : "mais... mais s'ils te causent pas, qu'ils te font rien, ça craint pas". Moui... franchement, avez-vous l'habitude de tournoyer autour d'une personne qui attend en sortie de magasin si vous n'avez pas une intention de repérage, de vol ou autre chose de pas clean ? Malgré nos pauses en retrait des foules, nous attirons les gens. Je préfère donc la petite vieille qui tente en vain de caresser le chien plutôt qu'un membre de cette... communauté qui tente on ne sait quoi.
- L'isolement, enfin, est à priori indissociable du voyage à moins de cotôyer les mêmes endroits. Ne pas connaître les lieux, des gens qui pourraient vous aider, est un handicap surmontable mais à prendre en compte. Loin de chez vous, avec vos affaires en guise de maison, vous n'êtes pas une proie absolue mais vous restez plus fragile que les autres.

Pour se protéger sans excès, nous disposons d'une bombe lacrymogène ordinaire (testé personnellement malgré moi à cause d'un mauvais vent...) qui sera TRES efficace pour écarter tout individu insistant (hommes, femmes et enfants compris) ou animal agressif. La méfiance naturelle, le feeling des situations et la communication entre nous nous a toujours permis d'éviter le conflit ouvert. 


Pour ce qui est de nos biens, les antivols ne sont que des renforts puisque jamais les vélos ne se retrouvent seuls. Les antivols sont un moyen de dissuasion car je n'ai pas quatre bras pour gérer deux vélos, une remorque et un chien. Que ce soit moi ou Sou, l'une reste en permanence (sauf exception exceptionnelle) pendant que l'autre va faire des courses, observer un monument, parler à quelqu'un etc. 

A ce propos, lisez notre article complet sur le vol et les moyens radicaux que nous avons mis en place pour s'en prémunir. Vous découvrirez ainsi que sur le marché actuel, des produits très efficaces existent.

- Se soigner :

Dossier capital d'un voyage plus serin. Pour faire face aux chutes, aux accidents, aux maladies, aux échardes, aux bosses, aux bleus, à tout ce qui peut ralentir une étape, n'oubliez pas une trousse de secours complète. De nombreux sites vous aideront à en réaliser une pour un budget raisonnable. 
Ne prenez pas ce passage par dessus la jambe car vous pourriez amèrement le regretter. Des pansements pour les ampoules, du gel anti-irritation ou un stick pour soulager les brûlures d'insectes nous ont par exemple permis de poursuivre notre chemin. On a pas idée de tout ce qu'on peut avoir comme problème en roulant... Certes ce sont des choses de petite ampleur mais prodigieusement handicapantes. Nous n'avons jamais eu d'accident en vélo (je touche de la peau de singe) ni de chutes. Que de petits incidents résolus avec notre trousse personnelle de premiers soins ou en s'arrêtant dans une pharmacie sur le chemin. La crème solaire aura aussi toute son importance car en roulant des heures, même avec un soleil caché derrière les nuages, votre peau en souffrira.

Les conseils de la Team :

  • Certains visiteurs tentent de me persuader que l'on ne peut pas être agressé comme ça, à tout vent. Alors, à tout vent, peut-être pas mais gratuitement et violemment, si. Mauvais endroit, mauvais moment, le fait que vous ayez une bonne étoile ne doit pas vous faire penser que les tarés ne s'en prennent qu'aux autres. Le hasard est hors de votre contrôle. Sans que cela soit une obsession de chaque instant, vous devez raisonnablement y songer si vous avez passé l'âge adolescent.

  • Pour vous couvrir des vols, vous avez aujourd'hui la possibilité d'implanter un tracker dans votre vélo. Avec votre téléphone, vous pourrez donc le suivre à la trace... Evitez d'aller le chercher seul une fois que vous l'avez localisé.

  • En matière de secours et de soins, en dehors de la base des médicaments, pansements et autres bandages, ayez une couverture de survie. Elle ne pèse que quelques grammes, prend peu de place et pourra faire gagner un temps précieux en cas d'accident. La déperdition de chaleur est un facteur aggravant pour une victime. Le petit point négatif... son usage est normalement unique.

  • Si comme nous vous avez un animal qui vous accompagne, pensez à ses médicaments et sa nourriture. Repérez aussi les vétérinaires sur votre itinéraire en cas de problème. Eiden avait par exemple fait une TS en sautant de son panier et tout en étant relié à son collier... plus de peur que de mal.

"Pauvreté n'oblige pas à voler, ni richesse n'empêche." (proverbe scandinave)