Les professionnels du cycle

Où sont-ils ?!


Grand sujet ça... C'est sûrement leur accorder beaucoup d'importance que d'y consacrer un article mais, il le fallait.

Certains de vos messages semblent affirmer que je ne les aime pas beaucoup, c'est faux : la situation est bien pire. D'ailleurs je n'écris ici qu'en mon nom, Sou n'étant pas aussi rageuse que moi ^^

Il est important que vous sachiez que nous n'avons pas grandi dans l'univers du cycle. Nous n'avons pas, non plus, développé d'intérêt pour la discipline - le cyclotourisme - avant la fin de l'année 2011 environ. Comme expliqué dans la présentation, l'envie de voyager nous a dirigé communément vers le cycle un peu par hasard.

Alors, quand on se remet dans ce contexte on peut deviner aisément qu'on ne partait avec quasiment aucune connaissance, aucun matériel (pas même un vélo), aucun projet déterminé. On a fait comme tout le monde... on a commencé à démarcher les vélocistes autour de chez nous pour commencer par le commencement. Internet c'est bien mais ça ne remplace pas l'accueil et le conseil personnalisé.

C'est comme ça que je me suis retrouvé face au mur. La visite des premières boutiques, d'une pauvreté innommable, a posé les bases. Par "pauvreté" j'entends le matériel proposé. Des vélos de course, des vêtements, trois gourdes, deux paires de gants, une sacoche avant, quelques cadres destinés aux millionnaires, des barres protéinées, des boissons énergétiques, un VTT, des barres protéinées, des compteurs, des pompes à air, quelques pièces de réparations basiques, des barres protéinées... Quoi ? je l'ai dit déjà trois fois les barres protéinées ? Ah bon... Bizarre. Évidemment, au milieu de ces choix de folie, un homme se trouve au comptoir, en général il nous regarde deux minutes puis retourne à ses occupations.

Ces magasins qui se présentent "tout cycles" ont en général un site internet. Il est très intéressant d'observer que leurs arguments sont toujours les mêmes : écoute, conseils, mécanique de précision etc. Paroles paroles paroles... Dalida est en moi. Foutaises et balivernes. Dans la majorité des boutiques que nous avons visitées, l'accueil a souvent été très limité. Les réponses étaient toujours les mêmes : pas de matériel adapté, pas de possibilité de ceci ou cela (sans même regarder ce qui existe), pas d'écoute réelle et par alternance, ces regards hautains insupportables. Faut-il venir d'une autre planète pour s'étonner qu'il n'y a pas de matériel cyclo?

En fait... tout ceci est comparable à une mode. Je porte un pull rose, c'est pas la mode du rose alors on me regarde curieusement et avec insistance. Puis deux ans plus tard... oh magie ! Le rose devient à la mode... et tout rentre dans l'ordre. On ne dira pas que vous avez été visionnaire mais on vous dira que vous êtes à la mode et donc la bienvenue !

La France n'évolue pas avec son temps, ça, c'est clair. Et rares sont les vélocistes qui ont au moins la curiosité de s'intéresser à la discipline sans nécessairement vendre le matériel adéquat. Nous ne pouvons pas attendre encore 50 ans que les gens ici se réveillent et nous propose quelque chose de viable et qui correspond à nos attentes. Nous avons pris les choses en main et la majorité de nos affaires viennent d'Allemagne, des États-Unis ou de l'Angleterre. Quelques articles qui commencent à "dater" arrivent peu à peu sur le marché français mais encore faut-il habiter une agglomération conséquente... sans quoi, il faudra toujours et encore commander sur Internet sans possibilité de tester, de toucher, de se faire conseiller.

Nous n'avons pas envie de pousser l'expérience plus loin et avons abandonné l'idée de visiter d'autres vélocistes de la région. Nous en avons trouvé un fort sympathique (le seul) en Charente et pour le reste, on se débrouille. De toute façon, nous avons presque tout ce qu'il nous faut et pour les nouveautés, soit je les trouve moi-même soit un visiteur m'en fait part donc...

Je voudrais dire aux vélocistes susceptible de me lire :

N'ayez crainte, je ne suis pas armée d'une machette et je n'effectue pas d'incantations vaudoues à votre égard. Cependant, il serait vraiment de bon ton que vous vous mettiez à la page car beaucoup de gens en France attendent et espèrent en entrant dans vos boutiques. Il n'est pas déshonorant d'ouvrir vos rayons à de la cyclo-rando même si l'image de champions de courses vous apparaît plus glorieuse ou plus jolie. D'autant que les années passent et qu'on découvre que tous ces beaux champions avaient dans le sang des produits plus suspects que du Redbull... 
Soyez un peu plus ouvert sur le sujet et redescendez d'un étage : la compétition, y'a aussi des gens qui s'en battent les reins ! On ne recherche pas que de l'accessoire de performance quand on pénètre une boutique. Je m'interroge sur le fait que les idées brillantes ne passent pas les frontières des magasins, voire, du pays...

Pour enfoncer le clou, certains professionnels se rattachent à la Fubicy, la tristement célèbre association aussi incompétente que les "pro" qui s'y accrochent. Ils en savent encore moins que nous, que pouvons nous leur demander quand on a besoin d'aide ou de renseignements?! Incapables de tout sauf d'assumer d'être incapable. À coup de mail trois mois après la question posée, on vous dira d'aller vous renseigner ailleurs... je plaisante ? Nan, ça me fait même pas rire. Si des vélocistes me lisent, qu'ils abandonnent définitivement l'idée de faire alliance avec ce genre d'association pour se donner une contenance. Quand on a rien dans la culotte, inutile d'aggraver son cas en y glissant des cacahuètes.

Et pour ceux qui diraient que j'extrapole... et bien vivez l'expérience : déplacez-vous dans ces magasins et ramenez-moi les preuves de bon conseil que vous avez obtenu. Je grossis certains traits par mon vocable mais je ne suis pas très loin de la réalité. En tout cas, c'est notre expérience personnelle et c'est forcément celles de plein d'autres gens de seconde zone comme nous.

Le vélo en France est perçu comme un sport, un sport de compétition, une activité qui appel l'effort. Nous disons qu'il peut être aussi : un loisir simple, un plaisir, un moyen de locomotion quotidien pour les courses ou le travail. Ces préjugés incensés qui orientent mal les vélocistes sont aussi responsables des comportements dangereux des automobilistes qui s'imaginent quand ils se garent comme des cons sur les pistes cyclables, qu'ils ne gènent pas puisqu'aucun vélo ne peut y passer tous les jours.

Faites-vous un avis sur la question et dites-nous tout !

Pour les vélocistes qui rafolent des courses et en deviennent du coup sectaire, la Team vous propose son article relatif au Tour de France.