Le Tour de France

Ou l'art de vous dégoûter du vélo.


Ah... la grande boucle...
Comme vous avez pu vous en rendre compte à travers notre article relatif aux vélocistes, nous affectionnons  moyennement le vélo quand il est utilisé à des fins de compétition, de courses, de sport. Surtout moi.


Ce non-amour n'est pas né de notre démarrage dans la discipline du cyclotourisme. Il a toujours été là.

Force est de constater que le Tour de France sali d'année en année cet objet fabuleux qu'est le vélo. On les associe même... quand on aime le vélo, on est censé aimer le Tour de France. Je puis vous assurer du contraire. Rentrons dans le vif du sujet.

Les cyclistes dits professionnels sont pour moi des panneaux publicitaires qui polluent la nature, nous cassent clairement les couilles en barrant des routes et saccagent l'image d'un vélo qui pourrait être de loisir ou d'utilité quotidienne (vélotaf). 

Ce "sport" ne véhicule que du NEGATIF.


- La publicité : Indigeste, présente partout via des sponsors, elle finance très largement le Tour et certaines équipes. Sur les maillots des coureurs, sur les équipements, sur les véhicules (automobiles), sur les goodies (objets dérivés) largement distribués au public, sur des banderoles, des pancartes etc... Absolument partout, elle est à la fois visible et invisible tant il y en a. Chaque coureur devient un produit représentant d'une ou plusieurs marques. Un produit qui doit faire honneur a ses sponsors et qui subit une pression naturelle pour être mis en avant.

L'aspect humain disparaît donc pour laisser place à la consommation. Comme toujours.


- Le tapage médiatique : Vous ne pourrez pas y échapper. Chaque été c'est pareil, la télévision, les radios, la presse nous bassinent à longueur de journée avec le Tour de France. On nous parle d'un événement absolu à ne pas manquer, de grands sportifs, de somptueux paysages, de défis impressionnants. C'est d'ailleurs un phénomène similaire pour le football lors d'une compétition européenne ou mondiale. On vous tape sur le crâne jusqu'à ce que ça rentre, jusqu'à la conversion patriotique de force. J'ai d'ailleurs toute la peine du monde à imaginer ce qu'on peut vraiment fêter dans un bar quand la France marque des buts. Bref, le cyclisme fonctionne de la même façon. Même si vous éteignez les appareils autour de vous, un quidam qui passe dans le coin vous informera toujours du vainqueur de l'étape du jour comme si on en avait forcément quelque chose à branler. C'est du harcèlement, du spam quotidien ; on les chasse par la porte et ils s'invitent par la fenêtre. 

- Le tapage tout court : L'imposition n'est pas que médiatique, elle impacte aussi votre vie privée. Les coureurs sont amenés à rouler et donc à bouger sur le terrain national. Et si vous habitez sur LEUR itinéraire de passage, vous allez forcément être au courant. On ne trouve rien de mieux à faire que de condamner des routes entières, des chemins pour laisser passer ce troupeau de connards. Les optimistes éternels me disent souvent "rho... c'est que pour la journée...". Et alors? Parce que ça ne dure pas je dois considérer que c'est normal de ne plus avoir accès à la route pour un évènement sportif qui n'ethousiasme qu'une minorité?! Pour le Tour de France 2016, nous avons été dévié et obligé de payer l'autoroute. Si encore sur la portion volée l'autoroute avait été gratuite, mais pensez vous... 
Je trouve ça anormal de subir quand une cause n'est ni prioritaire, ni majoritaire, ni utile. 


- La place des femmes :
Vous la cherchez ? Ne cherchez plus, elle n'existe pas. C'est exactement pour cette raison que les vélocistes qui nous accueillent dans nos magasins n'ont rien à nous dire. En plus de ne vendre que du matériel pour la compétition (ou presque), s'adresser à des femmes les emmerde profondément. Ce "sport" est définitivement masculin. 
La place des femmes n'est pas dans la compétition, elle est dans la finalité. Les femmes qui encadrent les héros à chaque étape sont un genre de gourde, de plante verte, de godiche, de bonasse qui rendent bien sur les photos journalistiques. 


L'aspect contre-nature : Est-il utile de préciser que ces coureurs ne sont que des humains et ne peuvent donc pas parcourir autant de kilomètres, sous un soleil de plomb (rappelons que le Tour a toujours lieu en plein mois de juillet), sur des routes plates comme sur des cols improbables ?
Il ne faut pas oublier l'objectif débile de départ qui est d'arriver premier finalement. Mais avec quels moyens ? des barres de céréales ? un coatch qui vous crie en voiture que vous pouvez le faire ? que vous êtes le meilleur? Evidemment ça ne suffit pas... 

Souvenez-vous à une époque, parler dopage c'était du cliché. C'était faire des généralités. Il n'est pas admis de le dire haut et fort mais ça paraît évident et logique : le dopage fait partie intégrante de la discipline. Et cela ne date pas d'aujourd'hui d'après Albert Londres. EPO, hormones, corticoïdes etc. les "aides" précieuses ne manquent pas dans ce milieu fermé, secret, qui rêve d'atteindre des performances extraordinaires. 

Et quoi qu'on en dise, ce cancer généralisé qui à les écouter "sali" la discipline, n'est ni plus ni moins qu'une coutume ancestrale. Ce n'est pas le dopage en lui-même qui est scandaleux en fait, c'est de se faire prendre qui n'est pas tolérable. Malgré les techniques bien connues des micros-doses, de nombreux cyclistes ont été pris la main dans le sac. Demandez à Lance Armstrong ce qui lui reste de sa carrière... 
Cette hypocrisie m'écoeure et je me demande qui tire exactement les ficelles de cette mafia silentieuse. Je vous préconise ce reportage d'images "volées" pour appuyer mes propos.


- La pollution : C'est un détail mais ça me saute toujours aux yeux quand je tombe 5 minutes sur une chaîne qui diffuse ou rediffuse des images du Tour de France : les coureurs balancent sans vergogne gourdes et autres emballages de tout ce qu'ils mangent. Ils ont logiquement pour consigne de jeter leur gourdes où le public est affalé afin que ces derniers, tel des chiens, puissent ramasser la gourde de leur idole. Cette consigne n'est pas toujours suivie et quand elle l'est, il peut y avoir des blessés : en juillet 2015, une fillette de 6 ans a subit trois points de suture après avoir reçu une gourde en pleine gueule d'un coureur de l'équipe Astana. Et pour ceux qui pensent que les parents n'ont pas à emmener leur progéniture parce que c'est trop dangereux, sachez que cette fillette regardait passer les coureurs à domicile...

Malgré les zones dites de délestage, cette polution multipliée par le nombre de coureurs et par les milliers de visiteurs mal éduqués pour beaucoup, est une catastrophe pour la nature. D'autant que le Tour de France s'enorgueillit chaque année des magnifiques paysages qu'il traverse, départ du Mont Saint-Michel pour 2016 par exemple. Notez que le Mont Saint-Michel interdit aux vélos en période estivale a accepté le départ du Tour de France en plein mois de juillet...
Certains équipementiers commençent à jouer le jeu en créant des maillots avec une poche cousue supplémentaire faisant office de poche poubelle. Les coureurs sont censés vider cette poche en zone de délestage ou en confiant les détritus à l'équipe suiveuse. On attend toujours de voir ces belles images.
Pour ce qui est de la pisse, étant donné que boire implique d'aller vidanger, si vous avez l'oeil vous pourrez aussi observer cette pollution visuelle.



Conclusion : Depuis 1903, ce non-évènement me fait chier chaque année (enfin je ne suis pas née en 1903 mais tout le monde aura compris). Je préfèrerai qu'il existe sans s'imposer à la majorité, sans bloquer nos routes, sans polluer notre nature, sans essayer de nous faire croire à des héros et surtout, sans faire l'amalgame entre vélo et Tour de France.
Pour beaucoup, le vélo est un moyen de locomotion pour aller faire des courses, aller au travail ou faire des promenades. Pour nous, il est un moyen d'être ensemble et de découvrir d'autres villes et d'autres pays. Il n'est pas un outil destiné à promouvoir des marques ou des hommes.

Nous n'avons rien à foutre de la compétition, du gramme à économiser ou du nombre de kilomètres journalier. Le vélo pour nous et bien d'autres est un plaisir, rien à voir avec ça.
Le Tour de France est clairement un frein à la promotion du vélo comme moyen de se déplacer au quotidien. Les voitures qui supportent déjà assez mal la cohabitation avec un cycliste lambda, ne supportent pas les troupeaux amateurs qui roulent de front et emmerdent leur monde sur plusieurs kilomètres. On les comprend largement.

Ceux qui vénèrent cette mascarade devraient détester notre site, on s'en félicite.